Un récent rapport met en lumière une mutation profonde de la stratégie commerciale de Pékin, marquée par un recours massif aux restrictions à l’exportation. Au cours des cinq dernières années, la Chine a presque triplé l’usage de ces leviers réglementaires, signalant une volonté accrue de protéger ses ressources critiques et de sécuriser sa supply chain face aux pressions internationales.
Cette accélération se traduit par des chiffres sans équivoque : entre 2021 et 2025, la Chine a émis 30 restrictions, contre seulement 11 sur la période précédente. Ces mesures visent prioritairement les terres rares, indispensables à l’industrie technologique mondiale, des semi-conducteurs aux énergies renouvelables. Depuis le 31 mars, un nouveau cadre légal renforce cette posture en rendant illégale toute action jugée « nuisible à la sécurité des chaînes industrielles et d’approvisionnement du pays ». Pour les entreprises internationales, cette définition large impose une vigilance accrue lors de tout audit ou analyse de risques impliquant des partenaires locaux.
L’aspect le plus disruptif de cette évolution réside dans l’extension des pouvoirs d’enquête des autorités chinoises. Celles-ci peuvent désormais sanctionner toute personne ou entité effectuant des collectes d’informations liées aux chaînes d’approvisionnement en Chine. Cette mesure, couplée à la possibilité d’imposer des interdictions de sortie du territoire pour les contrevenants, transforme radicalement la compliance opérationnelle. Dans un contexte régional tendu, notamment autour de Taiwan, la maîtrise de la classification ECCN et le screening rigoureux des opérations deviennent des impératifs pour naviguer dans ce nouvel environnement règlementaire complexe.