Chine

Nexperia : les semi-conducteurs au cœur des tensions sino-néerlandaises

Le 12 octobre 2025, le gouvernement néerlandais a annoncé la prise de contrôle du fabricant de semi-conducteurs Nexperia, évoquant de graves défaillances de gouvernance et des risques liés au transfert de technologies sensibles vers la maison mère chinoise Wingtech Technology, qui détient l’entreprise depuis 2018. Cette intervention exceptionnelle, justifiée au nom de la sécurité nationale, illustre la montée des inquiétudes européennes face à la dépendance technologique et aux risques d’ingérence dans les chaînes critiques.

En réponse directe à cette décision, le ministère chinois du Commerce (MOFCOM) a imposé des restrictions d’exportation visant Nexperia China et plusieurs de ses sous-traitants. Certains composants produits en Chine ne pourront plus être exportés vers des marchés clés, accentuant les tensions bilatérales et plaçant Nexperia au centre d’un bras de fer réglementaire inédit. Pékin y voit une décision politique plutôt qu’industrielle, et entend démontrer sa capacité à riposter.

Cette confrontation intervient dans un contexte géopolitique plus large, marqué par le renforcement des outils américains de contrôle des exportations. La nouvelle “Règle des 50 %” du BIS, qui étend les restrictions aux filiales majoritairement détenues par des entreprises listées, touche directement Wingtech. Cela renforce la pression sur les acteurs technologiques chinois tout en encourageant les alliés occidentaux à adopter des positions plus fermes.

Pour l’industrie automobile européenne, déjà fragilisée par les pénuries de puces depuis 2020, cette escalade pourrait avoir des conséquences immédiates. Selon l’ACEA, une rupture d’approvisionnement sur certains composants critiques est désormais possible si les restrictions se durcissent ou si les tensions persistent. Les constructeurs devront renforcer leur visibilité sur les chaînes d’approvisionnement et anticiper les risques réglementaires pour éviter de nouvelles perturbations.