Chine

Souveraineté industrielle : la Chine passe à l’offensive sur le terrain des sanctions

L’inscription récente de sept entités européennes du secteur de la défense sur la liste noire de Pékin marque une rupture stratégique majeure. Loin d’être une simple mesure de rétorsion, cette décision signale que la Chine a finalisé son propre bouclier réglementaire. Pour les acteurs du commerce international, ce changement de paradigme transforme la gestion de la compliance en un défi de traçabilité sans précédent.

Le point le plus critique de cette évolution réside dans le mécanisme du « re-transfert ». Désormais, l’interdiction ne se limite plus aux exportations directes depuis le territoire chinois. Si une entreprise utilise des composants ou des matériaux d’origine chinoise dans sa chaîne d’approvisionnement, même acquis via des tiers ou intégrés dans des sous-ensembles, elle ne peut plus les livrer aux entités sanctionnées par Pékin. Cette approche impose un screening (criblage) rigoureux de l’ensemble de la généalogie des produits.

Parallèlement, Pékin utilise ses ressources naturelles comme un levier de pression. En durcissant les sanctions et les contrôles sur le gallium, le germanium ou le graphite, la Chine touche au cœur des industries technologiques et aérospatiales mondiales. Sous l’égide du MOFCOM, les processus d’obtention de licences deviennent plus opaques, transformant l’incertitude administrative en un outil de restriction des approvisionnements. Pour sécuriser leurs opérations, les entreprises doivent désormais aller au-delà de l’audit des fournisseurs directs et cartographier précisément chaque composant, indépendamment de sa classification ECCN.