USA

Intelligence artificielle : les modèles d’IA deviennent un nouveau terrain de l’export control

L'affaire Anthropic marque un tournant

En juin 2026, Anthropic s’est retrouvé au cœur d’une décision inédite du Département du Commerce américain. Les autorités ont demandé à l’entreprise de restreindre l’accès de certains ressortissants étrangers à deux de ses modèles d’intelligence artificielle, Claude Mythos 5 et Claude Fable 5, estimant que cet accès pouvait constituer un deemed export au sens des Export Administration Regulations (EAR).

Contrairement aux affaires classiques de contrôle des exportations portant sur des biens matériels ou des logiciels, cette décision concernait l’accès à une technologie d’IA par des personnes situées aux États-Unis.

Des restrictions levées après un renforcement des mesures de sécurité

Quelques semaines après cette décision, le Département du Commerce a levé les restrictions à la suite de la mise en place de mesures de sécurité renforcées par Anthropic.

Même si ces limitations étaient temporaires, cette affaire illustre l’attention croissante portée par les autorités américaines aux technologies d’intelligence artificielle et aux conditions d’accès à ces technologies.

L'export control s'étend désormais aux modèles d'IA

Cette décision montre que le périmètre du contrôle des exportations évolue rapidement. Les réglementations ne concernent plus uniquement les semi-conducteurs, les équipements ou les logiciels. Elles peuvent désormais s’appliquer à l’accès à des modèles d’IA, à leurs model weights, à leur architecture ou encore à leurs environnements de test.

La notion de deemed export, traditionnellement utilisée pour encadrer le transfert de technologies sensibles à des ressortissants étrangers, trouve désormais une nouvelle application dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Un nouvel enjeu de conformité pour les entreprises

Pour les entreprises qui développent ou utilisent des solutions d’intelligence artificielle, la gestion des accès devient un enjeu majeur de conformité. Il ne s’agit plus seulement de contrôler les exportations physiques ou les transferts de logiciels, mais également d’identifier qui peut accéder à une technologie sensible, dans quelles conditions et au regard de quelles réglementations.

À mesure que l’intelligence artificielle progresse, les exigences en matière d’export control évoluent elles aussi, faisant de la gouvernance des technologies sensibles un élément central des programmes de conformité.

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