USA

Washington met la pression sur Tokyo pour mettre fin aux importations d’énergie russe

Le 16 octobre 2025, le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a demandé au Japon de cesser totalement ses dernières importations d’énergie russe. L’échange a eu lieu à Washington, en marge des réunions du FMI, du G7 et du G20. Cette démarche s’inscrit dans la stratégie américaine visant à renforcer l’isolement économique de la Russie à travers un dispositif de sanctions internationales plus strict.

Depuis l’invasion de l’Ukraine, le Japon s’est engagé à réduire progressivement ses achats de pétrole russe. Cependant, une exception majeure subsiste : le pétrole brut provenant du projet Sakhalin-2. Ce projet constitue un élément essentiel de la sécurité énergétique du pays, couvrant près de 9 % de ses importations de GNL. Pour Tokyo, y renoncer du jour au lendemain soulève des enjeux de stabilité énergétique et de contrôle des coûts.

Dans le cadre du renforcement des sanctions du G7, le Japon a déjà pris plusieurs mesures significatives. Le pays a abaissé le plafond de prix du pétrole russe de 60 à 47,60 dollars par baril, conformément aux attentes américaines en matière de fermeté. Il a également annoncé la fermeture de ses six bureaux du Japan Center for Trade and Economic Development en Russie, marquant une réduction notable de sa présence institutionnelle.

Entre janvier et juillet 2025, le Japon a importé environ 599 000 barils de pétrole russe, soit 0,1 % de ses importations totales. Malgré ce volume limité, l’importance stratégique de Sakhalin-2 rend toute décision hautement sensible sur le plan politique.

Cette situation révèle la montée des tensions entre Washington et Tokyo, partagées entre solidarité stratégique et impératifs énergétiques. Les prochains mois montreront si le Japon peut se conformer pleinement aux attentes américaines sans fragiliser sa sécurité énergétique nationale.